L’autodéfense féministe verbale : poser ses limites, reprendre sa voix
On parle souvent d’autodéfense en pensant à la défense physique, au corps, aux gestes, aux techniques . Pourtant, la majorité des violences et des situations de domination commencent – et se maintiennent – par des mots, des silences imposés, des pressions insidieuses. L’autodéfense féministe verbale part de ce constat simple et puissant : savoir se défendre, c’est aussi savoir parler, dire non, poser ses limites et se protéger psychiquement, dans la sphère intime et en public. Et c’est un premier pas vers la prévention des violences, notamment pour les femmes et les filles.
Qu’est-ce que l’autodéfense féministe verbale ?
L’autodéfense féministe verbale est un ensemble d’outils concrets pour faire face aux agressions verbales, aux remarques sexistes, aux manipulations, aux intrusions, au harcèlement ou aux tentatives de contrôle. Elle s’inscrit dans une approche militante féministe en ce qu’elle reconnaît les rapports de pouvoir et de domination à l’œuvre dans nos relations et dans la société, et qu’elle ne fait pas porter la responsabilité des violences sur celles et ceux qui les subissent.
Il ne s’agit pas de « bien parler », d’être polie ou calme à tout prix. Il s’agit de choisir sa réponse, d’avoir accès à plusieurs options (parler, se taire, partir, confronter) et de reprendre du pouvoir dans des situations où celui-ci nous a été retiré.
Pourquoi est-ce si important ?
Cette approche à pour objectif une prévention primaire de toutes les formes de violences, qui s’inscrivent toujours dans une dynamique de contrôle, d’emprise et de dépossession de la parole. Elle permet de redonner des ressources d’actions aux personnes, afin de prévenir les agressions et les émotions qui en découlent.
Dès enfant, beaucoup de femmes et de personnes socialisées comme telles (mais aussi avec un autre genre) apprennent à minimiser leurs besoins, à éviter le conflit, à ne pas déranger. Dire non peut être perçu comme risqué, impoli, voire dangereux. Cette socialisation rend particulièrement vulnérable aux violences verbales, psychologiques et sexuelles.
L’autodéfense verbale permet de poser les bases pour :
- prendre conscience plus rapidement des situations problématiques ;
- sortir de la sidération et de la culpabilité ;
- développer des capacités à poser des limites claires, même imparfaitement ;
- renforcer l’estime et la confiance en soi et le sentiment de légitimité.
C’est un levier essentiel de prévention, mais aussi de réparation.
Violences conjugales et sexuelles : quand la parole a été entravée
Dans les situations de violences conjugales et sexuelles, la violence ne se limite jamais aux faits eux-mêmes. Elle s’exerce aussi par les mots, les silences imposés, les menaces explicites ou implicites, la manipulation, la culpabilisation. La capacité à dire non, à poser une limite ou à exprimer un désaccord est souvent attaquée progressivement.
Pour les personnes ayant été victimes de violences, la question des limites est souvent particulièrement complexe. Le corps et la parole ont pu être contraints, niés, envahis. Il peut rester une peur profonde de dire non, de s’opposer, ou au contraire une autocritique sévère de ne pas avoir « su » réagir.
La méthode d’autodéfense féministe verbale ne cherche jamais à juger le passé. Elle part du principe fondamental que la responsabilité de la violence appartient toujours à l’agresseur. Elle propose de conditions pour explorer, à son rythme, comment retrouver une marge de manœuvre aujourd’hui, dans le présent.
Ma formation et mon engagement professionnel
Je me suis formée à l’autodéfense féministe verbale, pour moi, mais aussi pour approfondir mon accompagnement des personnes ayant vécu des violences conjugales, sexuelles ou sexistes. Dans ma pratique, je constate à quel point les atteintes répétées aux limites et à la parole laissent des traces durables : confusion, peur de s’affirmer, sentiment d’illégitimité, hypervigilance ou au contraire sidération.
J’ai appris ces techniques verbales parce que j’ai constaté, dans ma pratique, à quel point les difficultés à poser des limites traversent de nombreuses problématiques : anxiété, épuisement, relations toxiques, traumatismes, sentiment d’impuissance.
Cette formation m’a apporté des outils précis, incarnés, respectueux du vécu de chacun.e. Elle m’a aussi permis d’approfondir une posture : celle qui considère la personne non pas comme défaillante, mais comme ayant développé des stratégies de survie dans un contexte contraignant.
Intégrer l’autodéfense féministe verbale en thérapie ou en groupe de sophro
Dans un cadre thérapeutique, cette approche prend tout son sens pour les personnes concernées par les violences conjugales et sexuelles, mais aussi pour pleins d’autres situations (professionnelles, dans le cadre familial, amical etc.). Elle permet de travailler à la fois sur la sécurité, la restauration du pouvoir d’agir et la réappropriation progressive de la parole.
Aujourd’hui, j’intègre les principes de l’autodéfense féministe verbale dans l’accompagnement thérapeutique que je propose. Concrètement, cela peut prendre différentes formes selon les besoins :
- travailler sur la reconnaissance des signaux internes (peur, colère, malaise) ;
- mettre des mots sur ce qui a été vécu et sur ce qui est encore difficile ;
- expérimenter et mettre en place des techniques simples pour poser des limites (disque rayé, CNV, etc.) ;
- réfléchir ensemble aux enjeux de sécurité et aux conséquences possibles ;
- aider à renforcer le sentiment de choix et d’autonomie.
Il ne s’agit jamais d’imposer une manière de faire, mais d’élargir le champ des possibles, dans le respect du rythme et des contraintes de chaque personne. Sans passer par le combat ou la riposte, mais avec une attitude ancrée et confiante.
Pour qui ? Pour quoi ?
Cet accompagnement peut concerner toute femme ou homme qui :
- se sent en difficulté pour dire non, poser ses limites ou exprimer un désaccord ou faire une demande ;
- a tendance à se sur adapter, à s’effacer ou à culpabiliser dans ses relations ;
- ressent de la peur, de la colère ou de la sidération dans certaines interactions ;
- a vécu ou vit des violences conjugales ou sexuelles ;
- souhaite retrouver un sentiment de légitimité, de sécurité et de pouvoir d’agir.
Il ne s’agit pas d’apprendre à « mieux répondre » aux autres, mais de se reconnecter à ce qui est juste et protecteur pour soi.
Une approche thérapeutique sensible au psycho-traumatisme
Mon approche s’inscrit dans une lecture trauma-informée. Les difficultés à poser des limites ne sont jamais considérées comme des failles personnelles, mais comme des adaptations à des contextes relationnels violents ou insécurisants.
Le travail thérapeutique vise à :
- comprendre les mécanismes de l’emprise et du trauma ;
- restaurer un sentiment de sécurité interne et externe ;
- respecter le rythme de la personne, sans exposition forcée ni mise en danger ;
- soutenir l’autonomie et la capacité de choix.
L’autodéfense féministe verbale devient alors un outil parmi d’autres, intégré de façon progressive et ajustée. Un moyen émotionnel de se faire du bien.
Et concrètement ?
Si vous souhaitez explorer ces questions dans un cadre thérapeutique, je vous accueille au cabinet à Villeurbanne, dans un espace sécurisé, confidentiel et respectueux de votre histoire. Il n’est pas nécessaire d’avoir « les bons mots » ni d’être prête à tout dire. Le travail peut commencer là où vous en êtes. Je serais comme une guide pour vous.
J’intègre également ces notions, à la demande, dans les groupes de sophrologie que j’anime.
Vous pouvez me contacter pour toute question ou pour envisager un premier rendez-vous.
Je me suis formée via l’association « Impact » à Villeurbanne et Lyon qui propose des stages de groupe de 2 jours, en non mixité choisie.
Iels m'ont fait confiance
Publié sur julie merckel Merci pour cet accompagnement qui nous a permis une prise de conscience sur de nombreux points essentiel au bon fonctionnement de notre famille.Publié sur Aline Didier Emilie Boulud est une professionnelle très compétente. Elle m'a accompagné pendant plusieurs mois sur différentes problématiques, je me suis toujours sentie écoutée et comprise, ce qui est très ressourçant. Emilie est douce et bienveillante. Elle sait nous mettre en confiance et apporter des clés pour avancer par le biais de la sophrologie. Merci pour cet accompagnement tout en douceur qui m'a permis de cheminer durant ces mois en m'apportant confiance et réconfort.Publié sur Marie N J’ai adoré les séances avec Emilie. J’ai trouvé le suivi très doux et à l’écoute de mes besoins. Ça a été salvateur pendant ma grossesse et je ne manquerai pas de reprendre quelques séances. Merci !Publié sur Amandine Galea Émilie me suit pour ma 3e grossesse très particulière sur le plan emotionnel . Donnant des outils efficaces pour apprendre à se relâcher, à chaque séance je me sent plus détendue et apaisée . Merci à elle pour son professionnalisme et sa bienveillance .Publié sur Auriane Gaudet J'ai été suivi par Émilie pendant ma grossesse, d'abord pour gérer mon anxiété puis pour préparer mon accouchement, et si c'était à refaire je recommencerai exactement de la même manière car ça a été une bouffée d'oxygène tout le long. Mon accouchement ne s'est absolument pas déroulé comme j'aurais pu l'imaginer et j'ai réécouté et refait différentes séances qui m'ont permis de le vivre pleinement et sereinement. Emilie est douce, bienveillante (et ponctuelle !) et c'était un plaisir d'aller à chaque séance, même les plus délicates. Merci beaucoup pour tout !Publié sur Mirela Blourde Je recommande fortement Emilie, elle est très à l'écoute, souriante et empathique. Avec elle je me suis vite sentie en confiance et à l'aise, donc allez y sans hésitation ! Merci Emilie pour ta bienveillance et ton écoute :)Publié sur Nolwenn BACHOC Émilie m'a accompagné sur différentes thématiques: les difficultés de conception, la fausse couche et enfin la préparation à l'accouchement. Son aide a été très précieuse que ce soit sur l'écoute, ses ressources (livres,...) et bien sûr les séances que je réécoute en attendant le jour J. Merci profondément pour ton soutien. Je ressors grandit de ces étapes de vie.Publié sur Marine Schwab Ayant participé à un cercle de femmes avec Emilie, je recommande son sens de l'écoute, sa bienveillance et cette simplicité naturelle qui nous met à l'aise très vite. Emilie privilégie les petits groupes, nous n'étions que 4 et cela favorise la qualité des échanges. Sachant qu'elle propose régulièrement des cercles sur des sujets précis je n'hésiterais pas y participer de nouveau si le besoin s'en ressentait.Publié sur Lucille Valdan Je remercie Émilie pour sa bienveillance et sa douceur. Elle m’a aidée à comprendre ce que je ressentais et à l’interpréter, et cela m’a fait me sentir mieux avec moi-même et en société. Elle est vraiment à l’écoute, patiente, et elle a réellement pris le temps de me comprendre pour m’aider au mieux. Je la recommande sincèrement.Publié sur Stephanie Pendant un an, j'ai participé aux séances collectives de sophro qu'anime Émilie chaque semaine. Ça m'a tellement plu que je resigne pour un an 🙂. L'ambiance est sympathique et sans jugement. Émilie m'a mis à l'aise dès la première séance. Elle est bienveillante et à l'écoute. N'hésitez pas à nous rejoindre...Évaluation Google : 5.0 sur 5, Basée sur 57 avis
Sommaire
- 1 L’autodéfense féministe verbale : poser ses limites, reprendre sa voix
- 1.1 Qu’est-ce que l’autodéfense féministe verbale ?
- 1.2 Pourquoi est-ce si important ?
- 1.3 Violences conjugales et sexuelles : quand la parole a été entravée
- 1.4 Ma formation et mon engagement professionnel
- 1.5 Intégrer l’autodéfense féministe verbale en thérapie ou en groupe de sophro
- 1.6 Pour qui ? Pour quoi ?
- 1.7 Une approche thérapeutique sensible au psycho-traumatisme
- 1.8 Et concrètement ?
- 1.9 Iels m'ont fait confiance
- 1.10 © 2022 Emilie BOULUD. Tous droits réservés.